Blog des étudiants de L’Ecole de design Nantes Atlantique en design d’espace

17 juin 2010    Vie des promos   

Publié par c.rocher

L’eau, un moyen de vivre autrement

Vivre autrement

Aujourd’hui, l’Homme est plus soucieux de l’environnement qui l’entoure, la tendance est à l’écologie et l’habitat évolue. On voit émerger de nouvelles pratiques, on recherche des séjours atypiques, loin des villes et en lien avec la nature. Se développent alors les cabanes dans les arbres,les hôtels sous l’eau ou encore les hôtels igloo. Malheureusement ce type d’habitat reste le plus souvent réservé aux courts séjours et non pour y vivre au quotidien. Il manque le confort et le standing attendu pour y habiter tout au long de l’année. Pour pallier à ces lacunes, il faudrait donc réussir à implanter une maison ordinaire dans un milieu peu ordinaire. Est ce que cela existe? Bien sûr que oui, et l’habitat sur l’eau en est une preuve. Péniche, maisons sur pilotis ou flottantes, de nombreuses solutions existent si on s’y connait un peu.

Pour vous donner les moyens de réaliser vos rêves sur l’eau et répondre aux questions que vous vous posez, nous avons regroupé dans cet article quelques informations qui pourraient vous être utiles. Nous commencerons par les raisons qui nous poussent à habiter sur l’eau, les différents types d’habitats que l’on peut trouver ainsi que les normes, les lois et les techniques de constructions qui s’y rattachent. Nous verrons également comment il est possible de s’alimenter en énergies lorsque l’on vit sur l’eau et pour finir nous aborderons les rêves d’architectes sur l’eau, entre projet et utopie.

L’eau est la source de toute vie, c’est un élément qu’il faut préserver. L’Homme en a besoin pour vivre et pour son bien-être, les plantes pour grandir, les poissons pour respirer… L’eau va influencer les modes de vie et obtenir un rapport privilégié avec l’Homme. Aujourd’hui, l’eau est au cœur de beaucoup de conversations, que ce soit au niveau de la pollution, de la montée des eaux à cause du réchauffement climatique ou de la diminution des sources d’eau douce. On voit également fleurir de plus en plus d’habitations construites sur l’eau qui vont de la petite embarcation à la résidence luxueuse. L’habitat sur l’eau est devenu un nouveau moyen d’exploiter son environnement et les ressources qu’il nous offre. Mais au final pourquoi l’Homme veut il vivre sur l’eau?

De nombreuses civilisations vivaient entre terre et mer, refusant le sédentarisme et prônant le rapprochement à la nature. Par la suite l’eau n’est pas restée une simple source de vie mais a servi à la soif de conquête de l’Homme au XVII siècle. Elle lui à permis de voguer au-delà des terres déjà explorées et de découvrir de nouveaux horizons, poussé par la curiosité et l’intérêt pour ce qui l’entoure. Les longs périples ont nécessité de nouveaux aménagements dans les embarcations et ont entrainé de nouveaux modes de vie. Le développement des villes et du commerce maritime va également permettre de s’étendre sur les eaux. L’homme a toujours voulu conquérir son environnement. L’avancée sur la mer est une question actuelle, villes saturées, montée du niveau des eaux, nouveaux défis… Villes surchargées, esprits Robinson ou encore nécessité, ce sont autant de raisons qui poussent l’homme à s’installer sur l’eau.

Raisons de la mutation

Villes saturées :

Japon - Tokyo - District de Shinkuju

Japon - Tokyo - District de Shinkuju

En effet, dans les grandes métropoles le manque de place se fait sentir. On peut citer Tokyo ou encore Sao Paulo, des villes où chaque centimètre carré doit être rentabilisé. Notons que Tokyo possède une densité de population de 5 950 habitants/km² . Après avoir occupé l’espace au sol, ces villes se sont élevées en utilisant les hauteurs des tours et des building. L’étape suivante étant la construction sur l’eau, ces métropoles investissent pour s’étendre le long de leurs côtes. C’est ainsi que vont fleurir des îles artificielles, des house-boats ou encore des maisons flottantes.

Risques climatiques

ça chauffe!

ça chauffe!

L’habitat sur l’eau peut donc être une solution pour désengorger les villes mais également pour se protéger de certains risques naturels : les inondations à répétition, les glissements de terrain, le réchauffement climatique. On peut notamment parler de Tokyo, ville dont la structure du sol a été très fragilisée au fil du temps, ce qui entraîne de nombreux glissements et affaissements de terrain. Pour s’adapter à ces conditions naturelles, la ville a relancé les constructions sur pilotis délaissées depuis l’implantation des îles artificielles. Le problème est que la mise en place de ces îles modifient l’écosystème dans lequel elles se trouvent et ont contribué à la fragilisation des côtes.

Le réchauffement climatique fait parti des grands enjeux de l’habitat sur l’eau. En effet, les préoccupations environnementales actuelles nous amènent à penser autrement notre quotidien. Le réchauffement climatique entraîne le développement de nouveaux types d’habitations permettant de pallier à l’éventuelle montée des eaux et au manque de place.

Plus qu’une simple habitation, un mode de vie

Pourquoi cette tendance vivre sur l’eau séduit-elle de plus en plus de gens? Dans un monde où la préoccupation écologique a une importance capitale, l’habitat sur l’eau trouve sa place. C’est à la fois une façon de se ressourcer en renouant avec les éléments naturels et un moyen de trouver des solutions nouvelles moins polluantes et auto suffisantes. Habiter sur l’eau, c’est donc pour certains, un retour à la nature et un rapprochement de ce qui nous est vital pour fuir le monde moderne. L’eau est le berceau de la vie. Aujourd’hui, la surconsommation étouffe la société et certains éprouvent le besoin de s’isoler afin de retrouver l’essentiel, les vrais valeurs de la vie.

Une qualité de vie, vivre sur l’eau procure une sensation de liberté, c’est un rêve d’aventure. Un véritable voyage pour les sens mais aussi pour l’esprit. Allonger au calme, on entend le doux ruissellement de l’eau, on profite des reflets de celle ci et on laisse le courant nous emporter. L’eau c’est également un balancement tantôt doux qui nous berce, nous apaise et tantôt qui se déchaîne et nous fascine.

Les différents types d’habitats sur l’eau

Villes sur l’eau : le cas de Venise

Venise

Venise

Certaines villes comme Venise semblent flotter sur l’eau, ce type de construction est difficile à mettre en œuvre. Venise repose sur un système de pieux de bois. En effet, les pieux d’une longueur de quatre mètres s’ancrent dans le sol jusqu’à atteindre la couche d’assise, cette structure soutient un plancher de bois sur lequel repose la maçonnerie et permet ainsi de supporter les constructions les plus importantes. Ces pieux généralement en mélèze ou chêne peuvent se compter en milliers pour un bâtiment seulement. La basilique Santa Maria della Salute est édifiée sur 1.156.672 pieux, le travail de fondation a duré deux ans. Aujourd’hui Venise est peu à peu rongée par l’érosion, le sable et les eaux souterraines ont fragilisé les fondations qui menacent de s’effondrer. Des travaux de rénovation sont donc à effectuer afin de conserver la ville, dont une des solutions est d’injecter du ciment dans les pieux, rendant ainsi étanche toute la superficie de la base.

Venise s’organise comme une ville tout à fait classique avec ses réseaux d’électricité, d’eaux et de téléphonie, hormis qu’elle ne se construit plus mais essaie de se conserver.

Schéma technique des pilotis

Schéma technique des pilotis

Les maisons sur pilotis

Sur le même principe de construction, il existe les maisons sur pilotis. L’habitation est soutenue par des pieux plantés dans le sol. Ce procédé a de nombreux avantages car il permet une isolation homogène, limite le coût des fondations, créé une ventilation permanente sous la maison évitant ainsi l’accumulation de Radon. Cependant il n’est pas toujours possible d’implanter ces édifices où on le souhaite, les zones de construction sur l’eau ou en bord de berge étant souvent des terrains considérés non constructibles cela pose le problème du permis de construire, obligatoire pour ce type d’habitation. Il faut donc se référer au PLU (plan local d’urbanisme) de la commune qui prendra en compte la protection contre les risques mis en œuvre, la surface de votre habitat , la taille… pour vous délivrer le permis de construire.

Les maisons flottantes

The Citadel par l'agence Waterstudio

"The Citadel" par l'agence Waterstudio

Il existe également des maisons flottantes, comme celles construites par l’entreprise Batiflo qui s’est spécialisé dans la construction de ce type de logements. Ce sont de vraies habitations, stables et avec tout le confort actuel. Le but étant qu’elle flotte, il faut donc lui trouver des flotteurs. Batiflo à alors imaginé des boîtes en polymère haute densité. Leurs principales qualités sont d’être extrêmement dures , légères, maniables et avec une durée de vie d’environ 400 ans. Pour ne pas dériver sur l’étendue d’eau sur laquelle elles sont posées, les flotteurs sont encastrés les uns dans les autres par un système d’accrochage et sont ensuite reliés au sol par des colonnes de guidage. Ces colonnes permettent dans un premier temps de suivre le niveau de l’eau, évitant ainsi les inondations, et dans un second temps, d’apporter à la maison les commodités nécessaires telles que l’eau, l’électricité ou le téléphone. Certains flotteurs ont une différence notable. Leur but principal n’est plus de faire flotter ce qu’ils supportent mais de traiter les eaux usées. Ils comportent une station d’épuration autonome, permettant ainsi de rejeter les eaux grises alors transformées et qualifiées d’eau de baignade dans l’étendue d’eau où s’inscrit le bâtiment. Sur ces flotteurs est coulée une dalle en béton sur laquelle on vient ensuite construire le logement. La structure de l’habitation est généralement en ossature bois en raison de sa légèreté et de sa capacité à bouger et travailler en fonction des déplacement du support.

Pour ce type d’habitation il faut obligatoirement un permis de construire. Cependant, comme nous sommes sur une étendue d’eau, le terrain est dit non constructible. Il faut donc voir en fonction du PLU de chaque commune si votre permis de construire sera accepté.

Les House Boat

Les péniches de Nantes

Les péniches de Nantes

Si vous souhaitez plus de mobilité, installez vous dans un house boat. Ces grandes péniches aménagées sont souvent visibles à quai. L’amarrage est autorisé pas la ville mais comme pour toute habitation, il faut acheter le terrain. Ici on achète pas une parcelle de terre mais un simple droit à la berge, délimité en fonction de la grandeur de votre péniche. Le permis de navigation est aussi obligatoire lorsque cette dernière comporte un moteur et qu’il est donc possible de la déplacer. En effet, le premier avantage que l’on trouve à habiter sur un bateau est que l’on peut emporter son «chez soi» dans tous les voyages que l’on entreprend ou pour les petits déplacement que l’on peut faire en suivant les fleuves ou les rivières. Puisque ces habitations sont comprises dans des péniches, le système de flottaison est le même que pour un bateau et se fait par la poussée d’Archimède . L’origine de cette flottaison se fait par une force orientée verticalement malgré la gravité s’exerçant sur la bateau. La poussée se définit en fonction de la densité de l’eau ( eau salée et eau douce), du poids du bateau (matériaux de construction et aménagement) et donc du volume d’eau déplacé.

Les petites embarcations

Peuple marin Birman - les Mokens

Peuple nomade marin au Bénin - Les Makens

Habiter sur l’eau peut aussi être, en plus d’un choix, une nécessite. De nombreuses civilisations vivaient entre mer et terre, des peuples refusant le sédentarisme prônant le rapprochement à la nature. Aujourd’hui encore de nombreux peuples vivent sur l’eau dans des installations ou embarcations précaires.

Les Badjos, peuple d’Indonésie appelé « les nomades de la mer»  vivent sur l’eau. Ils parcourent la mer à bord de leurs pirogues. C’est un choix de vie ancré dans leur culture, une volonté de fuir le monde terrestre pour vivre sur les eaux, se rapprocher de la mer avec laquelle ils entretiennent un lien particulier. Tous les actes de la vie se déroulent sur l’eau et ils profitent des bienfaits de la mer dont la pêche. Des escales sont faites pour la cueillette mais ce régime alimentaire reste très restreint et a des conséquences sur la santé des Badjos. Il peut entrainer une vue diminuée et des muscles atrophiés.

Pour certains, habiter sur l’eau devient une nécessité, c’est ainsi que de vrais bidonvilles se créent sur l’eau. Des centaines de petites embarcations sommaires comme au Bénin voient le jour. Ces bidonvilles fluviaux sont le résultat de ressources insuffisantes pour faire face au coût de la vie sur la terre ferme. Ces habitants nomades se déplacent le long des côtes et profitent des bienfaits qu’ils trouvent sur place, laissant derrière eux de nombreux déchets. Ces habitations posent donc la question de la pollution, car à terme, ces peuples modifient l’écosystème et risquent de détruire les ressources disponibles s’obligeant ainsi à trouver un nouveau lieu de vie.

Énergie et Eau

Pour pouvoir habiter sur l’eau avec toutes les commodités de notre monde actuel, il faut soit pouvoir se raccorder au réseau de la ville, soit subvenir à ses besoins par ses propres moyens. Il est donc nécessaire de prendre en compte et de connaître les moyens possibles pour se chauffer, avoir de l’électricité ou une arrivée d’eau.

L’arrivée des commoditées :

Raccordement au réseau :

Comme nous l’avons vu précédemment, il existe différents types d’habitats sur l’eau, les techniques pour recevoir de l’énergie ne sont pas adaptables pour tous les cas. Le moyen le plus simple reste le raccordement au réseau de la ville, que ce soit pour l’électricité ou pour l’arrivée et l’évacuation des eaux usées. Il peut se faire aisément pour les villes sur l’eau, les maisons sur pilotis, flottantes ou sous l’eau se situant dans une agglomération, dans les marinas et les house boat lorsqu’ils sont à quai. Pour l’électricité, il suffit de se brancher sur le compteur électrique mis à votre disposition en tirant des lignes jusqu’à votre habitation. Pour l’eau, c’est un peu plus compliqué. Le réseau public vous ignore le plus souvent pour ce qui est de l’approvisionnement. Il est donc nécessaire d’avoir un grand réservoir qu’il faut remplir régulièrement au point de ravitaillement public. Si le raccordement n’est pas possible, il faudra donc pouvoir avoir une autonomie dans le fonctionnement de l’habitation en se créant sa propre énergie et en traitant l’eau pour pouvoir l’utiliser puis la rejeter. Nous allons traiter cette partie en fonction des différentes ressources naturelles à notre disposition en commençant par le soleil, le vent, l’eau et en finissant par l’air.

Energie solaire

Le rayonnement du soleil peut nous servir à deux choses :

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- Dans un premier cas, l’installation de panneaux solaires aux endroits où il y a une forte exposition au soleil, permet de transformer la lumière en chaleur, le plus souvent pour des chauffe-eaux. Pour cela, les rayons du soleil passent à travers une plaque de verre et chauffe un absorbeur noir grâce à l’effet de serre. Par conduction, la chaleur de l’absorbeur est transmise à un circuit d’eau fermé qui est ensuite acheminé vers le ballon à l’aide d’une pompe ou par gravité. Il transmet à son tour l’énergie thermique accumulée à l’eau sanitaire présente dans le chauffe-eau. Lorsque l’ensoleillement n’est pas suffisant pour amener l’eau à bonne température, le chauffe-eau relié à une chaudière d’appoint prend le relais. Mais celle-ci fonctionne uniquement en cas d’insuffisance énergétique du panneau.

- Dans le deuxième cas, en installant des panneaux photovoltaïques aux endroits où il y a une forte exposition au soleil, il permet de transformer la lumière en électricité. Lorsque la cellule photovoltaïque est exposée à la lumière, elle reçoit de l’énergie lumineuse qui va permettre la circulation des électrons entre les couches de silicium, engendrant ainsi la circulation d’un courant électriques. Le courant produit et non utilisé immédiatement peut être stocké dans des batteries pour être utilisé la nuit ou lorsque la demande dépasse la production. Si nous souhaitons directement l’utiliser, il faudra mettre en place un onduleur pour transformer le courant continu produit, en courant alternatif.

Energie éolienne :

Le vent peut aussi être utilisé au travers un dispositif qui convertit l’énergie mécanique en énergie électrique. Ce dispositif est une éolienne. Son principe de fonctionnement est le même que celui d’une dynamo de vélo. Le mouvement de rotation de l’hélice fait fonctionner un alternateur qui va induire un courant électrique qui pourra être directement utilisé. Si nous voulons stocker l’énergie produite dans une batterie, il faudra mettre en place un redresseur pour convertir le courant alternatif en courant continu. La mise en place d’un système éolien est très couteuse et ne peut être utilisée continuellement. Parfois le vent ne sera pas assez fort ou tout simplement pas assez présent, il faut donc prévoir un système d’appoint qui à également un coût non négligeable. L’installation d’un système éolien demande donc une vrai réflexion.

Energie hydraulique

L’eau peut aussi créer de l’énergie sur le même principe que l’éolienne. Les hélices sont remplacées par un système de turbines exploitant le courant d’une rivière ou d’un fleuve. L’énergie mécanique est ainsi transformée en énergie électrique.

Ventilation

Fonctionnement d'une pompe à chaleur

Fonctionnement d'une pompe à chaleur

Pour finir, il nous reste l’air. Cet élément est synonyme de ventilation et de température ambiante (extérieure ou intérieure). Par exemple, en ajoutant une pompe à chaleur à l’extérieur de l’habitation, on permet à l’air intérieur de se réchauffer naturellement. En effet, on peut dire que la pompe à chaleur prélève un peu de chaleur de l’air extérieur, augmente son niveau de température grâce a un système d’augmentation de la pression, puis restitue une chaleur plus élevée dans votre habitation. Toutefois, pour fonctionner, le compresseur de la pompe à chaleur doit être entraîné par un moteur électrique. L’électricité consommée est cependant bien utilisée puisque pour 1 kWh consommé, la maison reçoit l’équivalent de 3 à 4 kWh de chaleur! Un autre moyen de ventiler son habitation tout en préservant la chaleur qu’elle contient est d’installer une VMC double flux. Ce système permet de limiter les pertes de chaleur inhérentes à la ventilation : il récupère la chaleur de l’air vicié extrait de la maison et l’utilise pour réchauffer l’air neuf filtré, venant de l’extérieur grâce à un ventilateur et un échangeur de chaleur. Un second ventilateur pulse cet air neuf préchauffé dans les pièces principales par le biais de bouches d’insufflations.

Rejet des commodités :

L’électricité, à moins de n’être pas totalement utilisée est stockée dans des batteries, on la conserve, on ne la jette pas. En revanche les eaux usées ne vont pas être conservées. Pour s’en débarrasser, il existe plusieurs techniques. En cas de raccordement possible, deux solutions existes en fonction de l’endroit où vous vous trouvez. Soit un réseau d’assainissement est présent au niveau de votre habitation où il est possible de se raccorder. Soit le réseau est trop éloigné et une cuve tampon est mise en place à votre niveau. Dans ce cas, l’habitat rejette les eaux usées dans la cuve qui est ensuite vidangée grâce à des pompes de relevages ou via des camions vidangeurs. Il est cependant conseillé de mettre en place un broyeur qui permettra un pré traitement des eaux usées et ensuite une meilleure circulation dans des canalisations de faibles diamètres pour faciliter le fonctionnement.

Si le raccordement n’est pas possible, il existe une solution de même type que la précédente, vous pouvez disposez vous même d’une cuve de stockage. Il sera donc à votre charge de la faire vidanger lorsque cette dernière sera pleine. Un autre système, certes plus coûteux mais qui vous permettra plus d’autonomie est la station d’épuration individuelle. Elle a plusieurs principes de fonctionnement tels que l’oxygénation forcée (à boues activées). L’eau traitée ainsi récupérée peut être à nouveau utilisée pour l’irrigation ou alors rejetée directement dans le milieu naturel (lac, étang, rivière…) selon la norme européenne 12566-3.

Phytoépuration, système de bassins

Phytoépuration, système de bassins

Pour finir, un dernier système encore plus écologique et naturel mais qui nécessite une surface bien plus grande : la phyto-épuration. Elle se sert des facultés épuratrices naturelles des plantes aquatiques et de leur milieu pour assainir l’eau . Le principe est simple. Les eaux usées vont dans un premier temps être broyées. Puis rejetées dans une succession de bassins faits de pierres et de végétations. Cette végétation sert de support à des colonies bactériennes (bactéries aérobies) qui transforment les matières organiques des eaux usées en matières minérales, qui finissent absorbées par les plantes. En échange, les plantes alimentent les bactéries en oxygène par leurs racines. Elles assimilent également le nitrate et le phosphate ainsi que certains polluants de l’eau et s’en servent comme « de l’engrais ». L’eau récupérée dans les différents bassins d’épuration est ensuite réutilisée pour l’arrosage ou réintégrée dans son milieu naturel. Pas encore agréé par la réglementation et les normes françaises, le lagunage fait partie des systèmes d’assainissement individuels alternatifs. Il profite donc d’un vide juridique. Avant de mettre en place ce système d’épuration, il est essentiel d’en parler à sa municipalité et de demander une dérogation.

De nombreuses techniques sont donc possibles et adaptables selon le lieu où vous souhaitez vous implanter. Le but étant de disposer d’un habitat passif pour subvenir soi-même à ses besoins, ceci étant indispensable lorsque vous vous installez loin d’une ville, à l’écart de tout ou que vous habitez un logement mobil tel que les house boat.

Rêves sur l’eau : entre utopie et réalité

Ile AZ

Ile AZ (Alstom et Zoppini)

De nombreux architectes se sont penchés sur la question de l’habitation et de la vie sur l’eau. On peut notamment citer Jean Philippe Zoppini qui est en cours de recherches pour la réalisation du projet de l’Ile AZ en partenariat avec l’entreprise Alstom. Il s’agirait d’un paquebot luxueux reprenant les caractéristiques d’une ville, avec une marina, des hôtels, des commerces… L’ile représenterait une surface de 10Ha et pourrait accueillir 10000 personnes. Ce paquebot fonctionnerait comme un bateau de croisière, il voguerait sur la mer et pourrait atteindre une vitesse de 10 noeuds lui permettant ainsi d’éviter les typhons. Pour le moment la construction de ce projet n’est pas encore d’actualité car les fonds nécessaires, d’un montant de 2 milliards d’euros ne sont pas réunis.

D’un point de vue utopique on peut retrouver des projets qui prévoient la possibilité de s’installer définitivement sur la mer tel que Lilypad et les nombreux projets de Vincent Callebaut.


Vivre sur l’eau reste un rêve d’enfant mais aujourd’hui il est possible de le réaliser. L’eau permet de nombreuses possibilités, à vous de choisir laquelle vous correspond le plus.


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1 commentaire

  • 1 BATIFLO // juin 17, 2010 at 16:30

    Enfin, des gens responsables qui ont une vision à long terme et dont le souci est la protection des biens et des personnes avec un nouvel art de vivre.
    Merci pour vôtre article qui a réussi à mêler l’histoire,le projet et le concret.

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