Exposition à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris, du 13 mai au 1° novembre 2009
Destinée aussi bien au grand public qu’aux professionnels,
cette exposition est très dense et développe 3 grands thèmes :
- Constat et démarche
- Transcription en architecture
- Pistes de recherche et perspectives d’avenir
La scénographie est conçue de manière à permettre un cheminement par séquences illustrant des volets relatifs aux thèmes. 7 séquences « d’expositions» séparées les unes des autres par des salons « de réflexion» avec assises en quantité suffisante, où des écrans projettent des images de différents intervenants qui s’expriment sur la question énoncée à l’entrée du salon .
Cette alternance de logiques, statique et dynamique, outre qu’elle fait alterner information et réflexion permet de gérer la fatigabilité inhérente à la situation de déambulation.

Lierre photovoltaïque / Hérault et Arnod
Les matériaux utilisés pour la construction et l’équipement des espaces sont en cohérence avec le sujet traité : rouleaux de laine de mouton noire ou blanche, dont les différentes hauteurs permettent des usages variés (cloisons de distribution, sièges, cloison de doublage et d’encastrement des moniteurs vidéo), panneaux de fibres de bois (meubles structurants pour salon vidéo), béton cellulaire (assise et support vidéo), verre (cloisonnement pour salon),…
La présence de la lumière naturelle contribue à alléger la densité conférée par la richesse du contenu présenté.
Une matériauthèque est présente, les matériaux sont manipulables et la documentation est à disposition.
Cette richesse d’informations diverses montre que le propos est nourri. L’intérêt pour le sujet n’est pas si récent ; le XX° siècle a déjà vu des architectes se pencher sur la question un peu partout dans le monde.
Le retard constaté en France à s’intéresser à cette question s’expliquerait de diverses façons, et notamment, selon les propos de Mario Cucinella (architecte), Elisabeth Laville (Cabinet conseil en DD), Stefan Behnisch (architecte), françoise Hélène Jourda (architecte) :
« ….Le manque de travail transversal dans les entreprises, le divorce entre architectes-créatifs et ingénieurs-techniques, l’absence d’entreprises pionnières en France et le manque de groupes de pression tel que WWF, présents dans d’autres pays.
On sait que la technologie ne suffit pas à inventer le développement durable et que ce dernier ne se conçoit pas seulement par la logique HQE qui ne parle que d’énergie.
En France, l’engouement pour le sujet daterait de 2002, et les pratiques architecturales en matière de conception et construction écologique ont vraiment pris leur place en 2006-2007. Les bureaux d’étude ayant rallié ce secteur, les innovations technologiques au service d’une conception architecturale ont pu se développer….»
Les discours affichés des architectes exposés traduisent, comme sources de démarche, notamment :
- la prise en compte du site et du climat (Franck Lloyd Wright),
- la prise en compte du contexte en tant que source de solutions (Patrick Bouchain),
- l’effacement de l’architecte au profit de la rencontre entre la nature et la culture (Sverre Fehn),
- la recherche de la simplicité et l’élimination de la complexité (Glenn Murcutt),
- la recherche de sens et le refus « d’effets décoratifs» (Alvaar Alto),….

Vue de l'exposition
On voit l’utilisation de matériaux locaux dans les réalisations récentes, (bois, terre, ardoise,) des matériaux plus prospectifs s’invitent dans les projets de concours (pneu recyclé, déchets de carton, palettes,…)
Il semble s’installer une logique d’investissement en réflexion favorisant les solutions de conception intelligente : orientation, compacité des volumes, recherche d’intégration, de protection aux intempéries et notamment à la chaleur et au rayonnement solaire, flexibilité des espaces.
Les appels à idées auprès d’architectes sur les nouveaux modes d’habiter font émerger la notion de lotissement vertical, où la place du jardin (espace naturel ou même potager) est étudiée en tant qu’alternative crédible au logement individuel.
« Vivre écologique, quelles architectures pour une ville durable ? « , accueillie en ce lieu, financée par des entreprises et des mécènes (Bouygues, EDF, Saint Gobain), semble assurément avoir acquis droit de cité.
L’affaire de la construction écologique est donc devenue, après avoir été longtemps marginale, un consensus, peut être le chemin vers une pensée unique dont il faudra sans doute surveiller les dérives d’interprétation.
La bonne nouvelle, c’est que les pratiques des usagers semblent avoir pris une place relativement importante, presque centrale, au sein de la conception du projet !
L’école a acquis le catalogue de l’exposition, ouvrage très documenté, nourri de nombreux exemples étayés par des textes, des images et des plans, ainsi que des réflexions de fond pluridisciplinaires sur le sujet , qui se veut traité selon l’approche holistique.


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