Blog des étudiants de L’Ecole de design Nantes Atlantique en design d’espace

10 juin 2009    Vie des promos   

Publié par a.lesidaner

L’architecture vernaculaire

Définition

L’architecture vernaculaire est le plus souvent définie comme une architecture employant des matériaux, techniques de mises en oeuvres, et des codes esthétiques avoisinant le site d’implantation.
Le terme « vernaculaire » est largement employé et parfois détourné dans un usage contemporain qui serait d’avantage définissable comme étant « inspiré» des architectures anciennes environnantes. Peuvent être associer à la notion de vernaculaire des principes d’écologie, basés sur le fait que l’emploi de environnants diminue les émissions de C02 dues aux transports, mais aussi au fait que les techniques anciennes emploient le plus souvent des mises en oeuvres de matériaux naturels. Cependant l’architecture contemporaine, dites vernaculaire, n’est pas automatiquement écologique puisque les projets ne s’inscrivent pas toujours dans une démarche vernaculaire globale, ainsi ont peut voir des techniques modernes et polluantes employées sur des matériaux naturels ou bien des reprises de formes architecturales locales composées à partir de matériaux industriels. L’ « aspect » vernaculaire rentre dans une démarche de respect des traditions locales et d’implantation naturelle aux bâtis existants mais ont peut également voir des constructions s’inscrivants dans une conception vernaculaire et proposants des formes contemporaines et modernes.

Le centre Jean-Marie Tjibaou

1096_renzo_piano_portrait

Réalisé par L’architecte Renzo Piano, à Nouméa en Nouvelle Calédonie, le centre Tjibaou est dédié à la culture Kanak et aux cultures du pacifique sud. L’architecte a donc souhaité faire un bâtiment contemporain rappelant formellement les constructions traditionnelles Kanaks. C’est en ce sens une architecture vernaculaire. Cependant les matériaux ainsi que les techniques d’assemblages sont modernes. Il est possible d’associer le centre Tjibaou à une architecture vernaculaire par le choix de l’utilisation prédominante du bois, pour autant cela peut être contesté puisque même si l’architecte à chercher à reproduire les couleurs naturelles des essences présentent alentours, le bois utilisé ne provient pas de forêt de Nouvelle Calédonie et la technique du lamellé collé est une technique moderne et industrielle. D’un point de vue structurel, on remarque que Renzo Piano a conçu son bâtiment en reprenant les techniques de résistance aux efforts des habitations kanaks. Cette structure à induit l’aspect formel chez les kanaks, on peut donc en conclure que l’architecture vernaculaire allie forme et technique et dans ce cas précis que la forme découle de la technique.

structureformeEnsemble

Les thermes de Bâle

1189_peter_zumthor

Peter Zumthor, architecte lauréat du prix Pritzger cette année, a conçu les thermes de Bâle de 1986 à 1996. Ce bâtiment peut être associé aux notions vernaculaires car l’architecte a employé une pierre issue d’une carrière de la vallée (la pierre de vals). Du point de vue esthétique l’emploi de ces pierres plates superposées rappelle l’aspect des murs de soutènement des vieilles routes de montagnes, ce qui entraîne comme le souligne l’architecte une intégration naturelle et historique du site dans son environnement, argument essentiel de ce projet. Cette pierre est également utilisée dans les architectures locales pour la construction des toitures de la ville de Vals et de la région. En revanche on s’aperçoit que la conception du bâtiment ne reprend aucune technique locale et vient dans une démarche totalement contemporaine de l’architectonique. L’architecte a voulu réintégrer la nature au sein du projet en employant une toiture végétale de manière à conserver l’aspect naturel du lieu, ainsi son architecture vient s’inscrire dans la montagne côté façade et disparaît lorsque l’on se situe en amont du site. La destination d’usage des thermes en faisait un lieu idéal pour implanter un projet vernaculaire puisque par essence la fonction découle des ressources naturelles du site. Ce magnifique projet répond d’une manière totalement contemporaine et novatrice à la notion de vernaculaire.

MurInsertion site

L’ambassade des Pays-Bas en Éthiopie

bjarne-mastenbroek

Dessinée par les architectes Dick van Gameren et Bjarne Mastenbroek l’ambassade des pays bas en Ethiopie possède des caractéristiques vernaculaires sur le plan de la conception structurelle, esthétique et historique. L’inspiration majeure concernant ce bâtiment viendrait des églises Ethiopiennes, édifices ancestraux qui auraient été selon les historiens des temples animistes avant d’être assignés à leur usage actuel, ces églises datant du premier millénaire ont étés excavées dans d’énormes blocs de roches et façonnées de manière à apporter une ventilation optimale ainsi qu’une lumière ambiante particulière. Ces deux dernières caractéristiques se retrouvent dans l’ambassade batave qui jouit d’une aération naturelle et d’un travail lumineux particulier. En ce qui concerne la structure, le bâtiment n’a pas été excavé dans un unique bloc de roche mais la pierre employée répond à la définition de vernaculaire puisque provenant d’une carrière située au bas de la parcelle sur laquelle a été bâtie l’édifice. La forme globale quant à elle reprend celle de certaines églises, qui contrairement à l’ensemble de ces monuments n’ont pas étés élaborées sur un plan en croix grecque mais allongées, les faces lisses et dénuées de colonnes reprennent davantage les paroix des rochers dans lesquelles les églises ont étées façonnées, d’une esthétique moderne qui vient parfaitement s’inscrire dans l’idée de « captation moderniste » des héritages. On peut noter également dans cette dynamique vernaculaire le soin particulier que les architectes ont portés à l’insertion dans le site puisque ils ont décidés de conserver l’ensemble des eucalyptus environnant le projet afin de garder « l’aspect naturel et traditionnel du paysage ».

rendu-final-5rendu-final

Tags:

1 commentaire

  • 1 Michèle // avr 11, 2011 at 14:22

    J’aimerais rectifier un détail : Peter Zumthor a conçu les thermes de Vals et non celles de Bâle, qui par ailleurs n’existent pas.

Laisser un commentaire