Blog des étudiants de L’Ecole de design Nantes Atlantique en design d’espace

10 juin 2009    Vie des promos   

Publié par c.derafelis

3R – Réduire, Recycler, Réutiliser …

«Le nombre de migrants et de réfugiés vivants dans des logements improvisés, va croître avec le changement climatique, et nous voulons offrir une alternative.»

Maison Palette de Jean-Pierre Le Bail

Depuis quelques années, le recyclage est devenu un sujet très prisé dans tous les domaines. Dans le domaine de la construction de nombreuses choses ont été mis es en place et en particulier pour les habitats d’urgence.  Il existe néanmoins différentes manières de construire une maison d’urgence avec des objets recyclés.

D’une part, de nombreuses associations s’investissent pour donner à tous un logement (architecte de l’urgence, habitat para la humanidad, fondation Abbé Pierre…). Les moyens qu’ils utilisent ne sont pas forcement des objets recyclés mais ils tiennent une part importante dans l’aide aux personnes défavorisées. Leur objectif  est de former les habitants des pays sinistrés à reconstruire vite par eux même.

D’autres part, les architectes mettent en place différentes techniques pour montrer que l’on peut construire des maisons avec ce que l’on trouve sur place. Shigeru Ban avec ces «paper log houses» est un de ceux qui veulent aider et faire changer les mœurs. Comment construire ces maisons en tubes de carton ? Tout dépend de l’endroit où l’on se trouve car pour lui, il est indispensable de réutiliser des objets qu’il trouve sur place. Dans le cas du tremblement de terre de Kobé, au Japon, en 1995, les fondations sont faites de caisses de bière chargées avec des sacs de sable. Les Murs sont faits de tubes de carton de 10,8 cm de diamètre et de 4 mm d’épaisseur. Ils utilisent des toiles de tente pour le plafond et le toit et un ruban éponge waterproof pour réaliser l’isolation. Alors qu’en Turquie, en 2000, les tubes sont remplis de papiers pour les murs. L’objectif primordial de Shigeru Ban est bien de construire avec ce qu’il trouve sur place en gardant un soucis de durabilité dans le temps.
Paper Log House de Shigeru Ban
C’est aussi le cas d’autres architectes, comme Gerd Niemoeller, un inventeur suisse qui a breveté un habitat «de papier» d’une superficie de 36 m2. L’objectif premier est de créer «un habitat intelligent d’urgence» permettant d’offrir un logement aux personnes défavorisées. Il dit : «le nombre de migrants et de réfugiés vivants dans des logements improvisés, va croître avec le changement climatique, et nous voulons offrir une alternative.» Ces maisons de papier sont construites avec des celluloses imprégnées de résine, de cartons recyclés et de journaux pour les parois et les cloisons et à l’intérieur de panneaux préfabriqués sous forme de nid d’abeille. Les avantages : c’est résistant et stable grâce à la chaleur et à la pression, cela permet une bonne isolation grâce à la technique du nid d’abeille, c’est léger(800 kg)et facile à assembler, c’est respectueux de l’environnement, anti-sismique et eu coûteux (4 000 euros).
Maison de Papier de Gerd Niemoller
Dans cette démarche de recyclage, nous trouvons aussi Jean-Pierre Le Bail, architecte, qui utilise des palettes EUR (800 mm de largeur par 1200mm de longueur) comme base de ses constructions.  Les murs sont faits de planches de palettes de manutention. L’isolation est faite avec de l’ouate de cellulose, un produit 100 % écologique. Le toit est à deux pentes ou à une pente, semi-ouvert ou fermé. Cette technique de construction a de nombreux avantages, en effet, ces maisons sont faciles à fabriquer, capables d’abriter une petite famille. Toute l’ossature, les éléments de liaisons, le bardage vertical et horizontal est uniquement à base de palettes de récupérations

Hergebruik a mis au point, quant-à lui une technique de recyclage de gravats et de béton. Il est arrivé à cette technique par le constat qui a fait en octobre 2005, la province pakistanaise du Cachemire a été frappée par un tremblement de terre dévastateur qui a privé d’un toit 1,8 million d’habitants, et qui a également laissé derrière lui des millions de tonnes de gravats. Les aides humanitaires se sont demandées s’ils ne pouvaient pas faire quelques chose avec tous ces gravats.  Hergebruik s’est alors demandé si on ne pouvait pas construire des maisons avec ces gravats. « À l’heure actuelle, plus de 90% de la totalité du béton concassé produit est recyclé et réutilisé ».  Pour cela, il a mis en place une installation de broyage et de triage des gravats qui est capable de transformer 80 tonnes de gravats en granulats par heure. Ces granulats servent alors deux utilisations : la  reconstruction de routes et de remblai de terrains à bâtir et la production de blocs de béton pour la reconstruction des habitations.

Recyclage de gravats
Enfin, Nader Khalili, architecte d’origine iranienne,  a lui instaurer une système d’écodômes. Ces écodômes sont réalisés à partir de terre disponible sur place, creusée manuellement ainsi qu’avec des sacs de sable et de barbelés obtenus localement.  Le temps de réalisation de ces écodômes est de 4 semaines en moyenne de mise en œuvre pour une équipe de 3 à 5 personnes sans qualification particulière.  Ces constructions ont des avantages, ce sont des techniques de construction résistantes, rapides, durables. Elles permettent une réduction de l’utilisation de bois, ciment, briques, et d’acier. De plus, l’épaisseur des parois de terre assure une meilleure isolation.

Pour finir sur les techniques utilisées pour réhabiliter les habitats d’urgence en prenant en compte le recyclage, le collectif «Studio 21bis»  a posé dans Paris des cabanes en carton, fabriquées à partir de matériaux de récupération. Un SDF s’en est approprié une dès le premier soir en l’aménageant et en lui donnant son propre cachet.  Ce dernier exemple montre bien qu’avec rien, on peut faire de grandes choses.

Studio21bis

Camille de Rafélis

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