
Le recyclage et la récupération deviennent une alternative écologique et esthétique dans la construction de bâtiments.
De nos jours beaucoup d’architectes et designers se concentrent sur cette problématique de ré-emploi par conscience environnementale mais aussi dans une démarche esthétique nouvelle.
Il y a de nombreux exemples de conception allant dans ce sens, mais un se démarque particulièrement par une réponse globale :
Les earth-ships :

Les earth-ship, ou «vaisseau de la terre», sont des habitats autonomes mêlant techniques de construction archaïques et techniques de construction nouvelles basées sur le ré-emploi et la réutilisation de déchets industriels. Les matériaux nécessaires pour la construction de ce type d’habitats sont généralement des pneus, des bouteilles de verres, des canettes en aluminium, des boites de fer… À ces éléments principaux s’ajoute de la terre, du plâtre, du mortier et d’autre liants pour consolider la structure. Ces éco-habitat ont pour but de réduire les montagnes de déchets présentes dans les centres de tri et d’incinération. Comparé à la construction, à l’usage et à la vie d’une maison équivalente, un earth ship cause 9 fois moins de dégâts à l’environnement. Le concept d’earth-ship a été développé il y a près de trente ans par l’architecte Mickael Reynolds, qui se nomme bio-tech et non pas architecte. Les trois grandes lignes de ce type d’habitat sont : l’autonomie des habitants, l’application d’une technologie durable et le réemploi des déchets.
Ces habitats sont donc «autarciques» puisqu’ils ne disposent d’aucun raccord aux égouts, à l’eau et à l’électricité, Les sources d’énergies sont «alternatives» (moulin à vent, récupérateur d’eau de pluie, panneaux solaires…). Les earth-ships ont d’importantes qualités thermiques apportées par la présence de terre.
Au-delà des dimensions techniques et écologiques une réelle esthétique se dégage de ces maisons. Les matériaux laissés apparents comme les bouteilles de verres, apporte rythmique et jeu de lumières. La structures de base constituée de pneus remplis de terre permet souplesse et diversité de la forme.
Cette façon de concevoir et de créer l’habitat n’est pas isolée. Un site internet regroupe toutes les innovations tournant autour de cette problématique de ré-utilisation et de ré-emploi. http://www.superuse.org/
Cet espace internet ressemble à un mouvement, une communauté de créateurs, tous tournés vers la même problématique. On y découvre aussi bien des produits, que des architectures ou des œuvres d’art. Dans ce site «superuse» devient un verbe, «super-utiliser», ce qui veut dire pousser encore plus loin le cycle de vie des objets industriels.
On y trouve des designers, mais aussi de simples exemples d’appropriation et de dé-contextualisation d’objets. Par exemple, Jo Ann Ussery, qui cherchait un mobile-home, à trouvé un ancien boeing 727 qu’elle a transformé et adapté à ses besoins quotidiens. On peut aussi y voir un «espresso bar» réalisé uniquement de machines à laver..
En architecture, on remarque aussi un élément souvent utilisé et récupéré pour construire rapidement et économiquement : le conteneur. Faible coût, robustesse et adaptabilité font de cet objet/espace une matière ingénieuse de construire. De l’habitat particulier au logement collectif, les conteneurs sont partout.
L’architecte Adam Kalkin, les découpe, les assemble et les accessoirise, pour en faire de véritable demeures originales à un coût très faible. L’avantage du conteneur est qu’il y en a partout, les espaces portuaires en sont surchargés, c’est pourquoi il est donc facile d’en trouver. Les conteneurs ont les qualités modulaires d’un cube et son adaptés à l’accumulation, la répétition, la superposition.
L’entreprise Adjecco, qu’il elle conçoit des préfabriqués s’apparentant à des conteneurs à lancer un concours, dans le but de développer cette forme de parallélépipède propice à l’habitat.
On voit donc que mise à part des qualités environnementales et économiques certaines la récup’ séduit aussi par son originalité et son esthétique «à part».
De nos jours cette façon de concevoir s’impose presque d’elle même dans les projets de tout architecte et designer, sans parler directement de récupération mais aussi de maisons bioclimatiques, d’habitats naturels… Ce questionnement est vraiment d’actualité.


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